Orval Jeunes en Prière OJP

Conférence jeudi 4 août 2016

Renaître ! Entrer dans l’espace intérieur du Royaume de Dieu.


Évangile selon Saint Jean 3, 1-10 (Trad. liturgique)
01 Il y avait un homme, un pharisien nommé Nicodème ; c’était un notable parmi les Juifs.02 Il vint trouver Jésus pendant la nuit. Il lui dit : « Rabbi, nous le savons, c’est de la part de Dieu que tu es venu comme un maître qui enseigne, car personne ne peut accomplir les signes que toi tu accomplis, si Dieu n’est pas avec lui. »03 Jésus lui répondit : « Amen, amen, je te le dis : à moins de naître d’en haut, on ne peut voir le royaume de Dieu. »04 Nicodème lui répliqua : « Comment un homme peut-il naître quand il est vieux ? Peut-il entrer une deuxième fois dans le sein de sa mère et renaître ? »05 Jésus répondit : « Amen, amen, je te le dis : personne, à moins de naître de l’eau et de l’Esprit, ne peut entrer dans le royaume de Dieu.06 Ce qui est né de la chair est chair ; ce qui est né de l’Esprit est esprit.07 Ne sois pas étonné si je t’ai dit : il vous faut naître d’en haut.08 Le vent souffle où il veut : tu entends sa voix, mais tu ne sais ni d’où il vient ni où il va. Il en est ainsi pour qui est né du souffle de l’Esprit. »09 Nicodème reprit : « Comment cela peut-il se faire ? »10 Jésus lui répondit : « Tu es un maître qui enseigne Israël et tu ne connais pas ces choses-là ? [...] »

Introduction

1/ Préparer ce texte que je n’avais pas choisi a représenté pour moi un travail laborieux. Longtemps j’étais dans le brouillard, j’ai failli renoncer. Mais finalement, un apprivoisement s’est fait. Et ce texte m’a parlé. À travers ce texte, la Parole vivante m’a rejoint ! Ne vous étonnez donc pas si à première (ou deuxième…) lecture ce texte ne vous dit rien. Il faut parfois du temps !
2/ Lire, c’est écouter, c’est avoir un « cœur qui écoute », qui écoute un texte et ses mots. Et à travers ce texte mon cœur écoute quelqu’un qui parle, et j’entends la voix du Souffle qui traverse le texte.« Donne-moi, Seigneur, un cœur qui écoute. » Qui écoute, encore et encore. Seul et avec les autres, comme nous le faisons depuis ce matin.

I. Nicodème et sa naissance véritable.

Il était une fois « Monsieur » Nicodème, un notable, un homme respectable. Un « maître qui enseigne », l’un d’entre les pharisiens, ces gens biens qui « savent » (« Nous savons » est le premier mot de Nicodème) et qui « pratiquent » les prescriptions de la loi, au point de se croire « arrivés », de se croire des justes devant Dieu. 
Pourtant Nicodème vient « de nuit », en cachette. J’y perçois la discrétion d’un homme pas très sûr de soi, mais attiré par Jésus. « Nous savons… », dit Nicodème. Mais en son cœur il y a une envie d’écouter… Jésus.Ou bien « de nuit » veut dire qu’il fait nuit au-dedans de lui, qu’il est un peu « perdu » ? Qu’il ne sait plus que faire ou que penser ? Toujours est-il qu’il va à la rencontre de Jésus : quelle attente le pousse, quel désir le mène ? En son cœur, une ouverture, une demande… fragile encore. Une rencontre désirée mais qui ne l’engage pas aux yeux des autres.
« Nous » savons. Qui est ce « nous » ? Où est Nicodème ? Son « je » personnel est comme englué dans l’opinion de son groupe.Jésus, par sa réponse, déstabilise Nicodème en vue de le libérer : « Tu ne sais pas » « Tu dois naître »… à toi-même !Nicodème est d’abord désemparé. Son savoir et sa maitrise sont disqualifiés. Mais grâce à cette rencontre vraie, il accède à son « je ». Il accepte de ne pas savoir, il se met à l’écoute de Jésus, se laisse enseigner par lui : par deux fois il pose la question du « comment ». Nicodème commence à naître à une attitude nouvelle. Il se met à l’écoute, il se laisse enseigner.
Il faut naître : « d’en haut », « de l’Esprit », « de l’eau et de l’Esprit ». Naître d’une naissance que l’homme ne maîtrise pas par sa connaissance. C’est donné, cela vient d’en-haut, du souffle de l’Esprit. Personne ne maîtrise cette naissance par son savoir, elle échappe comme un souffle, comme une source toujours jaillissante de vie (voir Jn 7, 38)
Qu’est-ce qui va sortir de cette rencontre ? Que se passera-t-il en Nicodème ? Va-t-il renaitre ? Rien n’est dit dans ce chapitre. Le suspense dure. Mais si l’on scrute l’évangile de Jean, par deux fois, on va retrouver notre Nicodème, de manière discrète, mais toujours en référence précise à cette visite nocturne. Cela nous permet d’entrevoir la naissance qui se fait en lui et la croissance spirituelle ainsi mise en route.Lisons ces deux textes : Jean 7, 50 : Nicodème fait preuve d’une liberté personnelle nouvelle. Il ose parler en « je » et se distancie du groupe.Les pharisiens dirent aux gardes : « Parmi les pharisiens y en a-t-il un seul qui ait cru en lui ? »Nicodème, l’un d’entre eux, celui qui était allé précédemment trouver Jésus, leur dit : « Notre loi permet-elle de juger un homme sans l’entendre d’abord… ?Dans le conflit qui menace, Nicodème prend le parti de Jésus. Avec courage, il ose exprimer une opinion différente (alors que le conflit amène à durcir les frontières) : il dit en substance : soyons ouverts, nous ne savons pas…
Ensuite Jean 19,39 : un amour plus fort que la mort.Joseph vient enlever le corps de Jésus. Nicodème – celui qui au début était venu trouver Jésus pendant la nuit – vint lui aussi : il apportait un mélange de myrrhe et d’aloès… Ils prirent donc le corps de Jésus…Nicodème est présent au tombeau, présent du côté de Jésus, le condamné mis à mort ! Il suit Jésus jusque dans sa mort… Nicodème s’engage au grand jour (non plus en cachette) : il a choisi son camp, il est avec Joseph d’Arimathie, et avec lui il est avec Jésus.  Il vit un lien, une communion, une adhésion à Jésus et à son corps, il prend soin de ce corps jusque dans la mort, convaincu que ce corps est source de vie : le corps mort laisse s’écouler un fleuve de vie.
Nicodème est donc « né », il est entré dans le monde, dans l’espace du royaume qui ne s’ouvre qu’aux enfants... (Mt 18,2). Les mots du prologue de l’évangile (Jn 1, 12-13) sont devenus réalité pour lui :À tous ceux qui l’ont reçu, il a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu, eux qui croient en son nom. Ils ne sont pas nés du sang, ils sont nés de Dieu. Ainsi, du ch. 3 au ch. 19, nous percevons le long chemin de Nicodème : une histoire en trois tableaux  pour passer de Monsieur Nicodème au frère Nicodème. qui devient (enfin) un simple enfant (de Dieu). Enfant de Dieu et donc un frère de Jésus, et de Joseph d’A. et de moi et de nous ! Avec lui, nous sommes invités à approcher de Jésus, de nuit, discrètement peut-être, sans savoir où cela nous conduira… Certains d’entre nous en sont là. Et c’est bien. D’autres peut-être sont comme le Nicodème du chap. 7 : ils prennent la défense de la cause de Jésus… mais sans trop s’engager encore.D’autres sont pleinement engagés, solidaires de Jésus dans sa mort (Jn 19). Libres devant leur mort, leur rejet. Parce qu’ils ont découvert le royaume, un royaume qui s’ouvrait dans leur cœur, qui jaillissait dans leur cœur, comme une source toujours naissante, comme un fleuve toujours affluant. 

II. Etty Hillesum et son expérience de nouvelle naissance

« Naître » est une expérience promise à tous, une entrée dans un monde nouveau, intérieur, ouvert à tous. Etty Hillesum en offre un bel exemple. On peut comparer son chemin de croissance spirituelle à celui de Nicodème. Il s’exprime avec force dans le même vocabulaire de naissance !Qui est Etty ? Une jeune femme de votre âge, qui de 27 ans à presque 30 ans, a vécu une expérience forte de naissance. Juive hollandaise, en contexte de guerre et de persécution. Née le 15 janvier 1914.  Morte à Auschwitz en novembre 1943.Étonnamment proche de Nicodème, cette femme du 20e siècle vivait elle aussi une nuit intérieure. Elle souffrait de son chaos intérieur, d’une « occlusion de l’âme », dit-elle. Une rencontre va la bouleverser et l’engager dans un processus de naissance. Elle rencontre Julius Spier, qui sera pour elle un « maître spirituel », un « accoucheur de Dieu ». Grâce à lui, elle vit une « naissance », un « enfantement », une « métamorphose ».  Dans son Journal, elle témoigne de ce qui s’est passé pour elle par diverses expressions :« Maintenant je vis. » « Comme si tout un processus d’enfantement se déroulait en moi. »« Le 3 février, j’ai eu 1 an. Je crois que je vais adopter définitivement ce 3 février comme anniversaire. Il a plus de réalité que le 15 janvier où l’on a coupé mon cordon ombilical ».« Le mardi 3 février, j’ai fêté mon anniversaire. Un an plus tôt, jour pour jour, le 3 février 1941, j’ai été mise au monde par un affreux bonhomme en pantalon de golf vert… » (Lettre, p. 773).Comme l’écrit Michel Fromaget dans son livre consacré à Etty (Un joyau dans la nuit, p. 17), il s’agit dans ce Journal du « récit d’une naissance à l’Amour, à la Beauté et à la Joie au cœur d’un ouragan de laideur et de haine, de désespoir et de mort ».Une expérience spirituelle hors religion, juive ou chrétienne… mais comme le dit précisément l’évangile que nous lisons : l’Esprit souffle où il veut ! On ne peut l’enfermer… Il s’agit pour Etty de l’expérience d’une naissance à un espace nouveau, qui dilate sa vie, devenue comme un royaume céleste. Expérience qui ouvre un chemin, met en route, inaugure un cheminement intérieur. La naissance spirituelle, comme la biologique, est une naissance. Oui, mais elle est un processus infini, jamais terminé, toujours à faire. Il y a lutte, combat, traversées d’épreuves et de peines. Moments de doute, de dépression, de découragement.Comme pour Nicodème, il y a des étapes, des moments où l’on perçoit la croissance, la transformation. Ainsi la date du 30 juillet 1942, où Etty arrive à sa maturité spirituelle : « libérée de toute peur elle assume et accepte pleinement son destin ». Elle entre librement au camp de Westerbork comme assistante sociale au milieu de la détresse humaine. Et enfin, le 7 septembre 1943 elle part pour Auschwitz, elle marche librement vers la mort, solidaire de son peuple.

III. Trois poèmes pour Nicodème

Jésus a dit : Nicodème, si tu ne deviens comme cet enfant, non tu n’entreras pas dans le royaume… Nicodème par deux fois répond : mais comment faire pour y entrer ? La question reste ouverte, il n’y a pas de réponse toute faite. Il faut avec Nicodème désirer entrer dans ce royaume, laisser grandir en nous ce désir, le laisser se dessiner en notre cœur (par l’imagination, par les mots et les phrases). Voici trois poèmes qui peuvent dessiner cette expérience, la suggérer, la faire advenir dans notre langage.
1. ENTRER DANS… UN ROYAUME !On entre dans des chambres. C’est facile.Chacun le fait.
Dans des cours, dans un lit,Dans un bois, dans la grange.
Il suffit de venir d’un endroit plus ouvert,D’avancer, de pousserLa porte quelquefois, de se glisser.
Mais entrer dans l’espace ouvertQuand il fait clair
Et se sentir enveloppé par un volumeQui n’est pas dit.
Naître, oui, mais pas en régressant. Il ne s’agit pas de « rentrer dans le sein de sa mère » ! Mais il faut entrer dans un nouveau monde, un nouvel espace. Il faut avancer, devenir enfant, neuf, commençant (et non pas usé, non pas blasé…). L’enfance est en avant de nous.Et c’est un royaume merveilleux, large, ouvert, lumineux, accueillant, enveloppant, quelque chose de l’ordre de l’indicible, mais qui exauce tellement notre désir d’enfance.Qui ne désire entrer dans ce royaume des enfants, toujours naissants, toujours débutants, toujours écoutants, comme au premier matin du monde.

2. COMMENT FAIRE ?

Que faut-il donc faire
Pour que ce jour
Devienne un lieu où le tempsSe comporte en ami,
Où même les mursDonnent de l’ouverture,

Où l’on se régale de l’espaceComme d’une pomme,
Où les angles se plaisentÀ célébrer la sphère,
Où la source peut jaillirPartout, à tout instant,
Où tout, sauf toi,A comme souci de toi
Qui t’oubliesDans la profusion ?
« La source peut jaillir partout à tout instant » dit Guillevic, rejoignant l’image de l’évangile : « en toi des sources, en toi des fleuves d’eau vive jailliront ». L’imaginaire de la source naissante… a été vivifié en moi par la poésie ! Et depuis je regarde autrement la fontaine Mathilde, cette source à la racine du monastère d’Orval : elle coule, elle coule, abondante, à profusion depuis des siècles et des siècles, au 11ème siècle comme aujourd’hui. Merveille de la surabondance de la vie ! Il nous est donné comme Nicodème de découvrir une « profusion » tout intérieure.

3. NE RIEN FAIRE

Ne rien faire,
À peine regarder.
Se laisser emporterPar le temps
Comme par un courant d’airEnveloppant, très doux,
Qui vous mène à vous-mêmeEn train de ne rien faire.  
Comme un courant d’air, un souffle, la prière nous emmène dans un espace ouvert, où mystérieusement l’on se sent accueilli, porté, enveloppé, entouré de douce tendresse. N’est-ce pas le sens de l’image du ciel, du royaume céleste ? Un monde immense, lumineux, enveloppant, comme le ciel.Mon titre évoque la naissance spirituelle : Entrer dans l’espace intérieur du royaume de Dieu. Dans cette naissance, je vis une découverte magnifique, un espace se révèle, s’ouvre à moi, m’accueille et je m’avance en lui, c’est un royaume intérieur, et il est céleste, il appartient au monde du divin, il me dépasse de partout.

IV. « Je suis Nicodème ».

Nicodème est entré dans ma vie… de nuit ! Il m’a apprivoisé. Je me reconnais en lui. Je peux maintenant le dire : « Je suis Nicodème ».Ma prière la plus personnelle est rejointe par Nicodème. Avec lui, matin après matin je sors de ma nuit et je m’exerce à l’enfance, je cherche à m’ouvrir, à entrer dans la profusion du royaume qui ne se révèle qu’aux enfants et à ceux qui leur ressemblent.  
La prière, un temps pour naître !La prière, ce temps, ce lieu où je me dispose en posture d’accueil. Quelle que soit la position, le lieu, la pratique… Assis, à genoux, marchant, chantant, lisant… dans un moment « vacant », vide, silencieux… présent à moi-même… Un temps de « ne rien faire », où je me perçois « naissant », toujours naissant. Enfant. Toujours plus enfant.C’est extraordinaire, miraculeux, grand, libérant.Avec Nicodème, je vis une prière d’enfance, de naissance continue, toujours jaillissante. À l’image de la source, toujours en acte, toujours actuelle.Avec Nicodème, je puis dire :Aujourd’hui je nais, Aujourd’hui je commenceAujourd’hui je « viens au monde », j’adviens au monde, je nais au mondeAujourd’hui j’entre dans le mondedans un monde ouvert, vaste, immense, enveloppantun monde céleste, un royaumeAujourd’hui une source intérieure se met à jaillir, irrépressible, légère, vivante, bondissanteAujourd’hui je suis enfant, je suis naissant j’assiste à la naissance de mon être véritable à la naissance en moi de l’homme intérieurAujourd’hui le pharisien en moi – celui qui « sait » et qui « pratique » - est appelé à changer, à se convertir. Il me faut apprendre à ne rien faire, à devenir enfant, à naître à mon être véritable, à vivre dans la profusion de ce jour présent où la source jaillit à tout instantet à chanter, chanter, chanter… comme les oiseaux et comme les moines !

Lecture de mon poème « Exercice d’enfance ». Pour comprendre, une remarque préalable : j’ai appris à m’asseoir à la manière des moines zen. Par cette posture, mon corps est devenu un allié de ma prière. De plus en plus, avec le temps, cette position caractéristique des moines orientaux, m’est apparue comme une posture d’enfance, d’enfance évangélique. Comme un enfant, je me tiens au ras du sol, tout simplement.En ces derniers mois, j’ai eu le sentiment que Nicodème me rejoignait en ma prière et en ma position d’enfance. Je propose donc en conclusion de relire avec lui mon poème/prière rédigé en 2015. Le titre en est « Exercice d’enfance », dans le sens où la prière est un exercice pratique, un exercice spirituel à sans cesse reprendre, à sans cesse essayer à nouveau. Et le devenir enfant n’est jamais acquis, il faut chaque jour recommencer, il faut toujours être un commençant. L’homme sage se dit chaque jour : « Aujourd’hui je commence ».
Ce matinassis au ras du solen posture d’enfance
Instant de sourcedonné   pour ma joiema jouissance
Ne rien fairerespirer    calmement    ma vieêtre    simplement êtresilence    silence
Étonné de me découvrir lànaissant   toujours naissantbercé   par mon souffle
J’accueille   recueille encore   encorede tout mon corps de tout mon être
Mon cœur chantela grâce d’un présenttoujours neuf
Assis sur mon tapis de prière tapis d’enfancetapis d’envol Ainsi, je vis ma propre prière en proximité avec Nicodème, mon frère. Il est mon complice dans cette naissance toujours en cours à l’intime de mon être. Avec lui, j’adhère à la source vivante qui jaillit au-dedans et me donne ma liberté.
Nous avons ensemble prêté l’oreille, une oreille « poétique », aux mots, aux images de l’évangile. Nous nous sommes laissé toucher par les mots et les images, des poèmes non bibliques nous ont aidés à nous y rendre plus sensibles. L’évangile de Jean s’est ouvert à nous comme un poème, un grand poème, dans lequel résonnent des harmoniques, qui se répondent d’un bout à l’autre de l’évangile, lu comme un tout, et même de la Bible, comprise comme elle aussi comme un grand poème. J’espère que vous avez perçu quelque peu que nous avons grand intérêt à nous approcher de la Bible avec cette « oreille poétique », ajustée au langage dans lequel la Bible s’offre à nous. C’est du moins ma propre conviction que j’ai essayé de vous faire partager. Merci de votre écoute.

Frère Bernard-Joseph, août 2016.

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